ISABELLE ROUX-BUISSON : « TROUVER LES MOTS JUSTES ». Paroles de Leader. Épisode 4

Pilotage de la Performance, Sanction des Hors-jeux : bâtir l’excellence opérationnelle au quotidien.

Auteur d’un article recensant les leçons de leadership transmises par Didier Deschamps lors de la Coupe du Monde de Football 2018 (https://www.presse-addict.com/lecons-de-leadership-isabelle-roux-buisson/), Isabelle Roux-Buisson (www.isabelle-roux-buisson.com) commente dans sa série de 4 épisodes intitulée « Trouver les mots justes. Paroles de Leader.»

On y trouve les facteurs clés de motivation actionnés par le coach pour inspirer son équipe au long de de son parcours. Elle puise pour ce faire dans sa longue expérience de Senior Executive internationale, membre également de plusieurs Conseils d’Administration.

 « Transmission de sa passion et sublimation du projet, sécurisation, management positif et recompensation, pilotage de la performance, sanction des hors-jeux : voici les leviers adroitement activés par Didier Deschamps pour mener son équipe à la victoire », énonce Isabelle Roux-buisson

« Cela ne suffit pas : il importe également de trouver les « mots justes », ceux qui entraînent l’équipe à « tout donner et ne rien lâcher, ensemble, tous ensemble » nous confie-t-elle.

Consacrant le 1er épisode de sa série aux thèmes transmission de sa passion, sublimation, et sécurisation, Isabelle Roux-Buisson met en exergue les paroles de leader utilisées à ces occasions par Didier Deschamps. (https://www.webnetters.org/isabelle-roux-buisson-trouver-les-mots-justes/)

Elle poursuit son analyse dans les Épisodes 2 (https://www.t-u-f.org/isabelle-roux-buisson/) et 3 (https://medium.com/@suivip123/isabelle-roux-buisson-trouver-les-mots-justes-paroles-de-leader-épisode-3-35d07a957370) en y dévoilant les 7 outils du Management positif et de la  Recompensation, ainsi que les mots associés.

Isabelle Roux-Buisson termine cette série de 4 épisodes par un focus sur le pilotage de la performance et la sanction des hors-jeux. Ce sont eux qui permettent, une fois la stratégie définie et adoptée,  de maîtriser les basiques et déployer l’excellence opérationnelle qui conduira au succès, tout en écartant tout hors-jeu missionnel ou comportemental.

LE PILOTAGE DE LA PERFORMANCE OPERATIONNELLE REQUIERT selon ISABELLE ROUX-BUISSON L’INSTALLATION d’ UN SYSTEME DE PILOTAGE MOTIVANT

« Tout suivi de performance se prépare soigneusement , et s’appuie sur un système de pilotage bien défini, rythmé par des séries de briefings et débriefings précis, individuels et d’équipe, étayés par des tableaux de bord pertinents» affirme Isabelle Roux-Buisson.

Deschamps le déclare : « on a passé beaucoup de temps pour tout planifier ».

Lui et son staff technique commencent en effet par s’assurer que l’environnement dans lequel évolueront les joueurs en Russie facilitera l’atteinte de la performance maximale pour chacun ainsi que pour l’équipe.

« Infrastructure irréprochable, logistique sans surprises, hébergement personnalisé , confort « comme à la maison »: dans ce cocon, les joueurs pourront se consacrer entièrement à leur mission » commente Isabelle Roux-Buisson.

Le coach et son équipe technique parachèvent cette approche par une définition elle aussi extrêmement précise, (mais non figée, pour tenir compte des impondérables), des séances d’entraînement, ainsi que des moments de détente collective, « pour s’évader un peu, si on a le temps ».

Deschamps innove également : il nomme Gregory Dupont préparateur physique et installe  son laboratoire de performance en Russie. La France sera la seule de ce mondial à équiper ses joueurs de capteurs GPS sur le terrain. Un « data analyst » rejoint l’équipe de vidéastes, facilitant ainsi l’analyse des performances des joueurs et la préparation de programmes physiques personnalisés. « On aura dès le départ une photographie bien précise de la saison de chaque joueur, on saura ceux qui auront besoin de régénération, ou de plus travailler dans la première partie, avant de venir dans un bloc de travail commun… » explique Deschamps. « Il dispose ainsi d’un tableau de bord de pilotage de pointe », reprend Isabelle Roux-Buisson.

Ce dernier aidera, par le suivi qu’il permet d’établir, au processus de sélection des joueurs, étape cruciale et minutieusement orchestrée. Il contribuera de plus à la pertinence de l’analyse de jeu tant individuelle que d’équipe, en l’étayant de données numériques et visuelles indéniables.

« Le système de pilotage de la performance est en place. Les entraînements puis les matchs peuvent s’enchaîner, et avec eux les briefings et les debriefings, individuels et collectifs, clés de voute de ce dispositif. » constate Isabelle Roux-Buisson.

A cela s’ajouteront la qualité et l’engagement pédagogique du coach et de son staff.

En témoignent les séquences d’entraînement aux objectifs clairs et relayés par l’encadrement, et marquées par la participation active du coach.

Ainsi, lorsque Deschamps déclare : «  je ne vais pas leur apprendre à dribbler, à faire une passe… après c’est des connexions à travailler, à répéter…jusqu’à dans l’idéal avoir des automatismes », son staff ainsi que les joueurs « cadres » lui font écho. Stephan, Varanne, Loris, pointent tous vers le besoin de « parler le même langage de foot ». « Un bel alignement » précise Isabelle Roux-Buisson.

Enfin, déclare Isabelle Roux-Buisson,  Deschamps montre l’exemple, s’impliquant intensément dans chaque entraînement, alternant observation silencieuse, consignes, rappels, conseils et encouragements. « Cela passe aussi par des discussions collectives, des entretiens individuels, parfois des discussions assez dures, je peux être très dur » nous confie-t-il.

Il dialogue énormément avec les joueurs et les incite, à travers ces briefings debriefings, à élever leur niveau .

Loris nous le rappelle : « Il est là pour faire progresser les jeunes, que ce soit sur le plan humain ou sur le plan professionnel. Puis il est là pour donner le meilleur de lui-même. » Griezmann le confirme : « Il transmet au quotidien ce qu’il a appris ». Isabelle Roux-Buisson relate les commentaires de Pogba, le rebelle difficile à dompter. Il atteste par sa propre transformation de l’efficacité de ce système: « il faut faire des sacrifices pour gagner une coupe du monde. Défendre n’est pas mon fort…mais je le fais. Il faut passer par là, j’ai grandi avec ça. Les autres m’aident, le coach aussi. »

Enfin, Isabelle Roux-Buisson conseille d’observer la puissance des «causeries de mi-temps » de l’entraîneur : « On y retrouve toujours le même schéma : rappel des exigences comportementales , des intentions , analyse de la stratégie adverse, proposition de solutions et consignes qui en découlent, renouvellement de sa confiance ». Encouragement « du cœur et de la tête ».

Soccer Football – World Cup – Round of 16 – France vs Argentina – Kazan Arena, Kazan, Russia – June 30, 2018 France’s Kylian Mbappe in action with Argentina’s Nicolas Tagliafico REUTERS/Dylan Martinez

« Savourons les paroles prononcées lors de quelques-uns de ces briefings », propose Isabelle Roux-Buisson

France-Argentine (mi-temps : 1-1). Ton guerrier et de harangue :

« Les mecs, on ne lâche rien. C’est pas parce qu’ils ont mis ce but que cela change quoique ce soit.  Vos intentions restent les mêmes.

En maîtrisant , mais on est là, et on va leur faire mal encore, à chaque fois. Ils sont à la peine, ils s’accrochent, ils font des fautes, ils ont déjà 4 jaunes, on provoque, on tombe pas dans leur…lubie là de mettre le feu un peu partout, on maitrise, on  s’énerve pas, et on leur fait faire les fautes, on reste calmes, hein, parce qu’ils essaient d’embrouiller, maitrisez-vous dans les contacts…  Frappez les mecs, on a des situations, dans les 20-25 mètres, et si on peut, même de derrière, tchi ( geste vers l’avant), on transperce une ligne, comme on l’a fait certaines fois… »

« Pavard applique les consignes et inscrit, à 20 mètres, le but libérateur ramenant une France menée 2-1 à 2-2, pour finir à 4-3, après 2 autres buts de M’Bappé. » admire Isabelle Roux-buisson.

France-Croatie ( mi-temps :2-1). Ton d’urgence, rythme rapide, fait remarquer Isabelle Roux-Buisson :

« Les gars , OK, 3 minutes.

Vous avez vu , ils se servent des coudes, du corps. Le mec qui est de dos, il est de dos, il est de dos. Devant le but, il va pas vous faire mal, ça sert à rien de vouloir lui passer devant, on le contrôle.

Qu’est-ce qu’ils font, ils cherchent pas mal, à part la diagonale qu’ils cherchent de temps en temps, ils cherchent direct Manzukic, Manzukic, il faittête ou poitrine, ou pied déviation. On fait attention au tout, au tout; après, il peut gagner le ballon de la tête à la limite. C’est AU TOUT . De pas être à l’arrêt, d’être là, déjà, fermer. Hein, Pensez à ça.

Ne vous compliquez pas. Ils viennent, ils agressent les mecs, hein, vous avez vu, hein, l’énergie qu’ils mettent. Le plus de simplicité possible. Si vous portez, si vous avez un mec , oui, mais il y en a un 2ème qui va venir. DONNEZ, dès qu’on peut, à Kylian ou à d’autres…

Antoine, dans les sorties, essaie de venir un petit peu, tu restes collé au niveau des attaquants, on a besoin de toi, faut que tu sois une solution aussi, là aussi. »

Griezmann: « eh lesgars oh lâchez-vous là hein. On en a encore, on peut mieux faire les gars, hein, faut se lâcher, là, confiance en nous, confiance en nous »

DD : « 45 minutes là hein, vous savez ce qu’il y a hein, BAISSEZ PAS LA TETE ! LÂCHEZ-VOUS UN PEU ! Le ballon , on le reçoit, boum, on le donne sur l’avant… »

Reprise en chœur par les « cadres » :

Griezmann : Confiance les gars. Varanne : les gars c’est dans la tête, si on y croit on va gagner, eh là, on va le gagner ce match, allez on va le gagner. Staff : allez les gars, 45 les gars !

Varanne : on va gagner les gars, 45 minutes, ALLEZ (tapant sur la table)

Score final 4-2. Buts de M’Bappé et Pogba en 2ème mi-temps.

« Les exemples précédents établissent amplement que Deschamps sait, non seulement mettre en place le système de pilotage, mais aussi trouver à chaque instant les mots justes incitant chaque individu, ainsi que le collectif, à se dépasser, pour conquérir le trophée. » ajoute Isabelle Roux-Buisson. « C’est quelqu’un qui sait comment gagner, qui sait former un groupe pour gagner, il l’a démontré partout où il est passé », dit de lui Steve Mandanda.

La sanction des hors-jeux – « ne tolérer aucune derive » rappelle Isabelle Roux-Buisson.

 « Les équipes hautement performantes possèdent toutes les mêmes caractéristiques : elles sont animées, autour de solides valeurs partagées, par un projet commun qui les transcende. Il est donc impératif de les aligner sans ambiguïté derrière une mission commune qui les motive, et de définir sans équivoque les valeurs et règles du jeu qu’elles doivent respecter.» assure Isabelle Roux-buisson.

 Nous avons vu dans l’épisode 1 (https://www.webnetters.org/isabelle-roux-buisson-trouver-les-mots-justes/) que Deschamps s’est  immédiatement acquitté de cette responsabilité lors du discours d’accueil à Clairefontaine.  Le projet est défini, voire sublimé, et le valeurs sont explicites : labeur, travail collectif , et solidarité.

Le coach a lui-même prouvé l’importance qu’il leur attache, en affrontant la polémique et en tenant bon lorsqu’il a décidé de ne pas intégrer Karim Benzema, arguant qu’il « plaçait le groupe au-dessus de tout et qu’il faisait dans cette logique des choix pour le bien de l’Équipe de France ».

« Une fois mission et principes établis et partagés, le rôle du manager est de ne jamais tolérer la moindre dérive, que ce soit l’inapplication d’une stratégie majeure (hors-jeu missionnel), ou encore la transgression d’une règle du jeu (hors-jeu comportemental) » signale Isabelle Roux-Buisson. « Le cas échéant, une reprise en main s’impose durant laquelle il faut respecter le coéquipier défaillant, tout en se faisant à son tour respecter. Deschamps excelle à cet exercice : il emploie une variété de registres adaptés à la gravité du hors-jeu, qui ne sera ensuite plus répété. »

« Examinons quelques exemples illustrant la fermeté du leader », poursuit Isabelle Roux-Buisson.

C’est ainsi qu’il admoneste Mendy, Sidibé, Lemar et M’Bappé  à Clairefontaine, lors d’un jeu de ping-pong qu’il juge physiquement dangereux. Le commentaire est cordial, mais sans appel : « je vais vous mettre des sens interdits…Jouez au ping-pong , mais ne faîtes pas les c..s à tourner autour… (s’adressant à Mendy et Sidibé, blessés) Surtout en plus vous 2 ! Jouez normalement, ne déconnez pas. La dernière fois que j’ai joué à ça, j’ai perdu un mollet ! ».

Son expression est un peu plus taquine lors du lendemain de la victoire du 1er match préparatoire France -Irlande (2-0), relève Isabelle Roux-Buisson. Certains joueurs ayant célébré ce 1er résultat jusqu’à tard dans la nuit se présentent éteints, le lendemain, pour l’entraînement prévu à midi par le coach.

DD : «  Allez, on y va les gars, allez, on descend… (chantonnant)… de la montagne à cheval.. »

Guy Stephan (ironique) : «  ah dis-donc, dans ce vestiaire, on sent une énergie… »

DD (narquois) : Oui, on sent une vie qui se dégage ! Vous aimez pas vous lever le matin, vous entraîner le matin , hein… »

Paul Pogba ( PP) : « C’est tôt quand même… »

DD : « hein, c’est tôt ?… » PP : « oh, c’est tôt, c’est tôt » DD (chambreur): « pourtant , toi, t’es en Angleterre, , tu gagnes une heure quand même, c’est 11h là-bas ? » PP : « Ah non »

DD : Ah. Ah non, c’est bien…(taquin) tout dépend à l’heure que tu te couches…(chambreur) c’est tôt. Le problème, c’est que quand tu te couches, c’est tôt aussi, hein (souriant), c’est tôt ». PP : « Oh, 1h… » DD : (sérieux) « Après minuit, tu bascules, tu sais… » Se tourne vers Griezmann : « Ah, the last one ! Grizou, c’est tôt pour toi ? Non, c’est bien, c’est ton heure ça, tu as déjà donné le biberon à la maison, tout ça… »  Griezmann : «  c’est tôt, là je me lève, là, par exemple, je me lève » mais se dirige vers la sortie sans discuter.

DD (en conclusion, d’une voix forte et ferme) : « L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ! ».

Le message est passé : les bleus seront à l’heure et en forme à l’entraînement.

« Le ton se durcit par contre lorsque les bleus font preuve, lors du match France -Australie, le 16 Juin, de ce qu’il estime être à la fois la non-application de la stratégie préalablement définie, ainsi que le non-respect de la règle du jeu sacro-sainte de « tout donner ». Deschamps exprime avec force son insatisfaction, tout en faisant preuve d’un grand tact et en prenant soin de n’attaquer personne ad personam. Un chef-d’œuvre de reprise en main ! » observe Isabelle Roux-Buisson.

Immédiateté de la recompensation, différé du débriefing : Deschamps appliquera cette règle là et laissera les bleus processer leur match. Il en capture cependant à chaud, dès le retour en bus vers Istra et avec Guy Stephan, les instants significatifs : il désire immédiatement contrecarrer les mauvais plis exhibés par son équipe. La reprise en main n’aura cependant lieu que le 18 juin, et  s’appuiera sur les vidéos et analyses de données effectuées par le staff technique. « Étudions son déroulement », suggère Isabelle Roux-Buisson.

« Le coach emploie un langage très simple. Il utilise des silences, les bras croisés, module le ton et l’emphase pour exprimer son mécontentement. (théâtre).Il respecte les joueurs, pas d’attaque ad personam, les protège (« cela peut revenir un peu plus sur ceux de devant… »), est très factuel, images à l’appui. Il ouvre le débat. Rappelle les règles : « on n’a pas le droit, on n’a pas le droit ». Sécurise.( « je vous protègerai un par un. Je dis « Nous » car je me mets dedans »). Sort sans se retourner, afin de les laisser méditer son discours. N’en est que plus respecté par ses joueurs. » décortique Isabelle Roux-Buisson.

« Bon, les gars, j’espère que vous avez bien dormi. On va faire un retour sur notre dernier match avec le négatif et on finira par le positif. Vous ne serez pas surpris que la plus grande partie, c’est dans le négatif. Alors, il y en aura certains qui seront pointés du doigt. Ce n’est pas l’un plus que l’autre. Ça peut revenir un peu plus sur certains notamment ceux de devant. Cela passe par là, les mecs, c’est à accepter. Si vous n’avez pas conscience de ce qu’on n’a pas fait, on va le voir… A titre informatif, sur les statistiques, distance totaleparcourue par l’Australie, un peu plus de 111km, pour nous 102, c’est comme si ils avaient un joueur en plus, pratiquement. Eux, 5 joueurs, qui ont parcouru plus de 10km dans le match, nous , 1 seul, pas une surprise, NG. Ajoutez à ça les sprints de 15 à 20 km/h, ce qu’on appelle sprints à haute intensité. Ils en ont fait le double, le double, ils ont parcouru le double de distance. Les courses à haute intensité ? Chez nous, Kylian, c’est celui qui en a fait le moins. 3 %. Pourtant la vitesse, c’est ta qualité. Donc on va revoir chronologiquement des séquences du match et on ne peut pas dire que c’était vraiment à un rythme souhaité. » …Ils visionnent la vidéo. Top, reviens en arrière. Et ça, on s’est retrouvé combien de fois les gars, les 3 de l’axe, les 3 offensifs, là, là, pas possible, pas possible. Reviens en arrière…Transmission de balle, chah, elle est partie, Lucas suit bien et il lâche pas, et il lâche pas, et à l’arrivée, stop, même si ça… après on n’enclenche pas, mais on la récupère, c’est pas… (mime petits pas de  trot poussif) tout le temps, et (toujours trottinant)… le train-train. »

Deschamps ouvre ensuite le débat. Regarde les joueurs en face , bras croisés :

« Vous êtes silencieux ? C’est les images, peut-être à l’excès, mais c’est ce qu’on n’a pas fait. Oui Paul ? »                                                                                                                Pogba(PP) : « la plupart du temps on ne savait pas »                                                                   DD : « On ne savait pas quoi ? »                                                                                                 PP : « En 1ère mi-temps, on ne savait pas si on devait presser quand la balle était dans l’axe ou quand la balle était sur un côté, donc ça veut dire, on le faisait à notre manière »             DD : « On l’a pas fait , peut-être pas assez Paul, tu peux me dire on ne l’a pas fait assez. Je peux vous en faire pendant 1heure, mais je veux pas un qui rigole hein. D’autres ? allez-y hein ! pas de problème hein,  après tout c’est vous qui êtes sur le terrain. Ca on n’a pas le droit , on n’a pas le droit, etje dis pas vous , nous , parce que je me mets dedans, je vous protègerai tous un par un, mais faîtes, faîtes. C’est l’EQUIPE, et TOUS, TOUS pour l’EQUIPE, et ça change pas mal de choses. Bon déjeuner. »(quitte la salle sans se retourner. Silence penaud des joueurs).

Ce vigoureux débriefing porte ses fruits. Les joueurs et l’équipe s’auto-examinent lucidement, et en tirent de saines conclusions. Stratégie et règles du jeu seront dorénavant appliquées à la lettre. Leur respect envers le coach n’en est que plus grand.

M’Bappé : « Il a pointé du doigt ce qui n’allait pas. Il a fait ce qu’un coach fait lorsque son équipe ne fait pas ce qu’il demande et ce qu’il attend d’eux. »

Thauvin : « je pense que ça a été un déclic pour cette coupe du monde, cette réunion, parce qu’il y avait des choses qui n’allaient pas. Et le coach n’a pas hésité à dire les choses, et à taper sur les joueurs. Après, je pense que pour aller loin dans un groupe, il faut se dire les choses. »

M’Bappé : « Toute la France a vu ce match, et tu te dis que voilà on n’a pas bien représenté le pays et que.. . Surtout, on a les capacités de mieux faire, c’est pas comme si on avait donné tout ce qu’on avait. Si c’était tout ce qu’on avait , ben voilà , ils peuvent critiquer, mais tu réponds que voilà, on ne sait pas faire mieux, après nous on sait qu’on peut faire mieux donc …. C’est pour cela qu’il fallait tout de suite se remettre en question et on va faire mieux. »

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« En coach avisé, Deschamps n’ignore pas qu’il lui faudra, pour ravir le Graal recherché, instaurer un système de pilotage de la performance hautement efficace, mais aussi veiller à étouffer dans l’œuf tout dérapage missionnel ou comportemental. Et ceci en employant les mots justes, mettant les joueurs face à leurs responsabilités, tout en les respectant et les sécurisant. Il dévoile durant toute cette Coupe du Monde son extrême expertise, doublée de sa légendaire implication, de sa sagace psychologie, et de sa capacité à s’appuyer sur ses cadres. » apprécie Isabelle Roux-Buisson.

« Nous avons démontré au cours de nos 4 épisodes qu’il a également prouvé ses parfaites maîtrise et conjugaison des leviers clés de la motivation » continue Isabelle Roux-Buisson.

« Transmission de sa passion et sublimation du projet, sécurisation, management positif et recompensation, pilotage de la performance, sanction des hors-jeux, sont autant de ressorts qu’il combine impeccablement entre eux et accompagne des mots justes, eux aussi indispensables pour conduire son équipe à la victoire »,. «  Deschamps nous prodigue ainsi des leçons de leadership, dont nous pourrions nous inspirer en entreprise, en prenant soin bien sûr de les adapter au contexte. Chapeau bas ! » conclut Isabelle Roux-Buisson.

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